Quand je dis aux gens ce que je fais comme études, ils me demandent toujours en quoi ça consiste.
C'est pas facile de bien répondre à cette question parce que les cours qu'on suit dans ma fac sont assez particuliers et très théoriques. Alors voilà, pour que vous puissiez vous faire une idée de ce que je peux bien faire, je vous présente un devoir que j'ai fait l'an dernier (oui parce que je n'ai pas encore repris les cours alors ça va être du d'en avoir un plus récent...)
Il s'agit d'un devoir d'Histoire du Cinéma muet. Attention au plagiat,je vous ai à l'oeil... lol
Vous choisirez un film, une partie de l'½uvre d'un auteur ou un corpus de films pour traiter la question suivante : De quelles manières le cinéma d'avant-garde des années « 1920 » en France trouve-t-il des formes nouvelles pour saisir l'intériorité des personnages dans leur rapport au monde ?
En réponse au traumatisme de la première guerre mondiale, l'avant-garde des années 20s va faire part d'un sentiment de révolte en passant par l'expression de l'absurde dans les Arts. Le cinéma, qui s'impose en tant qu'Art à cette époque, va donc participer à cette avant-garde. Ainsi, le récit va-t-il s'effacer pour laisser la place à l'expression des impressions et parler de l'intériorité des êtres, en contradiction apparente avec l'extériorité. Nous pouvons donc être amenés à nous poser la question suivante : De quelles manières le cinéma d'avant-garde des années « 1920 » en France trouve-t-il des formes nouvelles pour saisir l'intériorité des personnages dans leur rapport au monde ? Le cinéma va prendre à cette fin plusieurs directions, notamment la voie du surréalisme, courant qui met en exergue, tout en le distordant, l'aspect surréel des sentiments et des situations. Nous étudierons ce sujet à travers le film considéré comme la première ½uvre surréaliste au cinéma, Un Chien Andalou (1928) de Luis Buñuel, coécrit avec Salvador Dali. Nous verrons dans un premier temps l'inspiration psychanalytique de cette forme qu'est le surréalisme, puis nous étudierons les éléments surréalistes utilisés dans le film de Buñuel pour exprimer les sentiments des personnages.
On attribue la naissance du mouvement surréaliste à André Breton qui, dans son Manifeste du Surréalisme (1924), considère l'inconscient comme un nouvel outil de création visant à montrer la réalité du monde en utilisant le rêve, le fantastique, l'étrange et l'inconnu. Breton en donne même une définition précise en disant qu'il s'agit d'un « automatisme pur par lequel on se propose d'exprimer [...] le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison [...]. » L'écrivain parle même de toute-puissance du rêve. A la suite du mouvement Dada, le Surréalisme montre clairement une inspiration psychanalytique dans ce qui le constitue proprement. Il s'intéresse aux mécanismes de l'inconscient et cherche à représenter le fonctionnement réel de la pensée. Sa forme rappelle l'enchaînement des idées ou la construction du songe. Les notions de temps et d'espace n'ont plus lieu d'être. Les artistes surréalistes veulent saisir la part intérieure de l'Homme que sa conscience ne peut pas atteindre, montrer un côté dénué de toute logique mais qui existe pourtant en chacun de nous. Ainsi, l'inconscient et notamment le rêve, étudié grâce à la psychanalyse de Freud, occupent une place importante dans leur ½uvre. Dans son film Un Chien Andalou, Buñuel cherche à dénoncer le cinéma traditionnel de son époque que l'on pourrait considérer comme la raison. Il l'exclu en ne lui laissant aucune place. Dans Un Chien Andalou, il mélange la folie et l'état normal qui deviennent indissociables. Le film en lui-même est construit de la même façon qu'un rêve. Les images se suivent mais n'ont souvent aucun rapport les unes avec les autres. C'est l'inconscient qui s'exprime et la raison, elle, est mise de côté. Il raconte lui-même l'épisode de l'écriture du scénario du film. Salvador Dali et lui se racontaient leurs rêves de la veille : « Dalí me dit: 'Moi, cette nuit, j'ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main. Et moi: Eh bien ! Moi, j'ai rêvé qu'on tranchait l'½il de quelqu'un'. L'idée d'Un chien andalou était née. » Ils imaginent la suite du film en imaginant des situations dénuées de sens et qui n'ont aucun rapport avec les précédentes et dira : « Nous faisions surgir des images irrationnelles, sans aucune explication ». Le film est donc un assemblage de rêves les uns derrière les autres.
Dans l'½uvre de Buñuel, nous ne pouvons nous raccrocher à aucune notion de temps, ni d'espace. Malgré les indications de temps qui semblent indiquer que de nombreuses années s'écoulent, les personnages ne changent pas d'apparence, ne prennent pas d'âge. Ils sont comme inscrits dans un instant interminable qui résiste au défilement du temps. De plus, il n'y a aucune logique chronologique. Le spectateur peut ainsi être invité à voyager dans le futur grâce aux indications données par le cinéaste comme « Huit ans après » mais peut par la suite être ramené seize ans auparavant. Ces indications ont pour but de perdre le spectateur dans le temps de la même façon que notre inconscient nous perd pendant un rêve. De la même façon, l'espace ne répond d'aucune logique. Alors qu'un personnage prend une porte pour quitter une pièce, il se retrouve à nouveau dans cette même pièce. L'espace se transforme alors en une sorte de labyrinthe sans fin. Nous sommes plongés dans le songe d'un personnage, mais il nous est impossible de savoir duquel il s'agit. En ce qui concerne le récit, la première avant-garde fait passer le récit après l'expression des sentiments des personnages et cela se ressent à travers le film de Buñuel. Il n'y a aucun lien entre les actions et des éléments totalement invraisemblables apparaissent à l'image. Parmi ces éléments, le serpent qui passe sur le cycliste à terre ou bien la boîte mystérieuse qui semble être partout (autour du cou du cycliste, dans les mains de la jeune aveugle,...). Toute logique est proscrite de l'½uvre de Buñuel. Le rêve est le maître du jeu, le cinéaste fait ici un curieux mélange. Les personnages paraissent fous. L'homme est sadique, la violence semble l'exciter. Il veut voir la jeune aveugle se faire renverser et montre un sourire machiavélique dans l'attente de l'événement. Une fois chose faite, il est comme en extase et cela lui donne des pulsions sexuelles qu'il tente d'assouvir avec la femme en face de lui. Alors qu'il la touche, sa jouissance devient apparente au spectateur grâce au gros plan effectué par le cinéaste qui montre le personnage les yeux en l'air avec un long filet de bave lui dégoulinant sur le visage. Le rêve est le lieu où peuvent s'exprimer tous nos désirs, la conscience ne peut plus les retenir et l'inconscient leur laisse libre court. Mais la situation semble d'une banale normalité pour les personnages. Ils ne paraissent ni perdus, ni même étonnées par ce qui leur arrive. Buñuel et Dali mélangent ainsi folie et état normal. Or, d'après Freud, chaque rêve a une signification, il suffit d'analyser les éléments qui le constituent. Il s'agirait donc d'analyser le film de la même façon qu'un rêve en psychanalyse pour en comprendre le sens. Le film aurait donc un sens dans son absence de logique. C'est ce que veulent montrer les deux scénaristes en faisant de ce film un songe.
Au terme de cette analyse, nous pouvons dire que les auteurs de ce film ont voulu, à travers une approche surréaliste du cinéma, exprimer l'absurdité du monde dans lequel nous avons appris à vivre. Ce film nous fait entrer dans l'inconscient d'un personnage, dans sa part intérieure. Nous sommes dans son rêve et les éléments qui le constituent découlent de sa vie, de son vécu, de son rapport au monde.
C'est pas facile de bien répondre à cette question parce que les cours qu'on suit dans ma fac sont assez particuliers et très théoriques. Alors voilà, pour que vous puissiez vous faire une idée de ce que je peux bien faire, je vous présente un devoir que j'ai fait l'an dernier (oui parce que je n'ai pas encore repris les cours alors ça va être du d'en avoir un plus récent...)
Il s'agit d'un devoir d'Histoire du Cinéma muet. Attention au plagiat,je vous ai à l'oeil... lol
Vous choisirez un film, une partie de l'½uvre d'un auteur ou un corpus de films pour traiter la question suivante : De quelles manières le cinéma d'avant-garde des années « 1920 » en France trouve-t-il des formes nouvelles pour saisir l'intériorité des personnages dans leur rapport au monde ?
En réponse au traumatisme de la première guerre mondiale, l'avant-garde des années 20s va faire part d'un sentiment de révolte en passant par l'expression de l'absurde dans les Arts. Le cinéma, qui s'impose en tant qu'Art à cette époque, va donc participer à cette avant-garde. Ainsi, le récit va-t-il s'effacer pour laisser la place à l'expression des impressions et parler de l'intériorité des êtres, en contradiction apparente avec l'extériorité. Nous pouvons donc être amenés à nous poser la question suivante : De quelles manières le cinéma d'avant-garde des années « 1920 » en France trouve-t-il des formes nouvelles pour saisir l'intériorité des personnages dans leur rapport au monde ? Le cinéma va prendre à cette fin plusieurs directions, notamment la voie du surréalisme, courant qui met en exergue, tout en le distordant, l'aspect surréel des sentiments et des situations. Nous étudierons ce sujet à travers le film considéré comme la première ½uvre surréaliste au cinéma, Un Chien Andalou (1928) de Luis Buñuel, coécrit avec Salvador Dali. Nous verrons dans un premier temps l'inspiration psychanalytique de cette forme qu'est le surréalisme, puis nous étudierons les éléments surréalistes utilisés dans le film de Buñuel pour exprimer les sentiments des personnages.
On attribue la naissance du mouvement surréaliste à André Breton qui, dans son Manifeste du Surréalisme (1924), considère l'inconscient comme un nouvel outil de création visant à montrer la réalité du monde en utilisant le rêve, le fantastique, l'étrange et l'inconnu. Breton en donne même une définition précise en disant qu'il s'agit d'un « automatisme pur par lequel on se propose d'exprimer [...] le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison [...]. » L'écrivain parle même de toute-puissance du rêve. A la suite du mouvement Dada, le Surréalisme montre clairement une inspiration psychanalytique dans ce qui le constitue proprement. Il s'intéresse aux mécanismes de l'inconscient et cherche à représenter le fonctionnement réel de la pensée. Sa forme rappelle l'enchaînement des idées ou la construction du songe. Les notions de temps et d'espace n'ont plus lieu d'être. Les artistes surréalistes veulent saisir la part intérieure de l'Homme que sa conscience ne peut pas atteindre, montrer un côté dénué de toute logique mais qui existe pourtant en chacun de nous. Ainsi, l'inconscient et notamment le rêve, étudié grâce à la psychanalyse de Freud, occupent une place importante dans leur ½uvre. Dans son film Un Chien Andalou, Buñuel cherche à dénoncer le cinéma traditionnel de son époque que l'on pourrait considérer comme la raison. Il l'exclu en ne lui laissant aucune place. Dans Un Chien Andalou, il mélange la folie et l'état normal qui deviennent indissociables. Le film en lui-même est construit de la même façon qu'un rêve. Les images se suivent mais n'ont souvent aucun rapport les unes avec les autres. C'est l'inconscient qui s'exprime et la raison, elle, est mise de côté. Il raconte lui-même l'épisode de l'écriture du scénario du film. Salvador Dali et lui se racontaient leurs rêves de la veille : « Dalí me dit: 'Moi, cette nuit, j'ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main. Et moi: Eh bien ! Moi, j'ai rêvé qu'on tranchait l'½il de quelqu'un'. L'idée d'Un chien andalou était née. » Ils imaginent la suite du film en imaginant des situations dénuées de sens et qui n'ont aucun rapport avec les précédentes et dira : « Nous faisions surgir des images irrationnelles, sans aucune explication ». Le film est donc un assemblage de rêves les uns derrière les autres.
Dans l'½uvre de Buñuel, nous ne pouvons nous raccrocher à aucune notion de temps, ni d'espace. Malgré les indications de temps qui semblent indiquer que de nombreuses années s'écoulent, les personnages ne changent pas d'apparence, ne prennent pas d'âge. Ils sont comme inscrits dans un instant interminable qui résiste au défilement du temps. De plus, il n'y a aucune logique chronologique. Le spectateur peut ainsi être invité à voyager dans le futur grâce aux indications données par le cinéaste comme « Huit ans après » mais peut par la suite être ramené seize ans auparavant. Ces indications ont pour but de perdre le spectateur dans le temps de la même façon que notre inconscient nous perd pendant un rêve. De la même façon, l'espace ne répond d'aucune logique. Alors qu'un personnage prend une porte pour quitter une pièce, il se retrouve à nouveau dans cette même pièce. L'espace se transforme alors en une sorte de labyrinthe sans fin. Nous sommes plongés dans le songe d'un personnage, mais il nous est impossible de savoir duquel il s'agit. En ce qui concerne le récit, la première avant-garde fait passer le récit après l'expression des sentiments des personnages et cela se ressent à travers le film de Buñuel. Il n'y a aucun lien entre les actions et des éléments totalement invraisemblables apparaissent à l'image. Parmi ces éléments, le serpent qui passe sur le cycliste à terre ou bien la boîte mystérieuse qui semble être partout (autour du cou du cycliste, dans les mains de la jeune aveugle,...). Toute logique est proscrite de l'½uvre de Buñuel. Le rêve est le maître du jeu, le cinéaste fait ici un curieux mélange. Les personnages paraissent fous. L'homme est sadique, la violence semble l'exciter. Il veut voir la jeune aveugle se faire renverser et montre un sourire machiavélique dans l'attente de l'événement. Une fois chose faite, il est comme en extase et cela lui donne des pulsions sexuelles qu'il tente d'assouvir avec la femme en face de lui. Alors qu'il la touche, sa jouissance devient apparente au spectateur grâce au gros plan effectué par le cinéaste qui montre le personnage les yeux en l'air avec un long filet de bave lui dégoulinant sur le visage. Le rêve est le lieu où peuvent s'exprimer tous nos désirs, la conscience ne peut plus les retenir et l'inconscient leur laisse libre court. Mais la situation semble d'une banale normalité pour les personnages. Ils ne paraissent ni perdus, ni même étonnées par ce qui leur arrive. Buñuel et Dali mélangent ainsi folie et état normal. Or, d'après Freud, chaque rêve a une signification, il suffit d'analyser les éléments qui le constituent. Il s'agirait donc d'analyser le film de la même façon qu'un rêve en psychanalyse pour en comprendre le sens. Le film aurait donc un sens dans son absence de logique. C'est ce que veulent montrer les deux scénaristes en faisant de ce film un songe.
Au terme de cette analyse, nous pouvons dire que les auteurs de ce film ont voulu, à travers une approche surréaliste du cinéma, exprimer l'absurdité du monde dans lequel nous avons appris à vivre. Ce film nous fait entrer dans l'inconscient d'un personnage, dans sa part intérieure. Nous sommes dans son rêve et les éléments qui le constituent découlent de sa vie, de son vécu, de son rapport au monde.



